RAD RACER (NES)

RAD RACER

Quand j’étais petit garçon je repassais mes leçons en chantant. Puis j’ai découvert la FAMICOM (je veux dire la NES). Une boite magique dont l’aura resplendit encore de nos jours.

Avec elle je découvris Mario, Link et bien d’autres mais je découvris surtout mon premier jeu de voiture sur consoles de cette génération : RAD RACER.

LE JEU DE COURSE DE LA NES

Des images me reviennent comme un souvenir tendre d’une ancienne ritournelle. RAD RACER c’était ça.
A sa sortie la concurrence n’était pas rude sur NES et nous n’avions pas les attentes et impatiences des joueurs de notre époque. Non c’était la découverte et l’émerveillement, même devant le plus infâme des jeux sorti à la va-vite ou codé avec les raclures d’ongles (et plus si affinités).

A l’époque je jouais souvent avec les voisins du quartier, nos avions le même âge. Je me souviens il me semble des jeux qu’on inventait ensemble. Je retrouve dans un sourire la flamme de mes souvenirs.
Et RAD RACER est arrivé…

Nous étions en 1988, je cessais donc immédiatement d’écouter Michel Sardou et Hélène Ségara (oui elle n’était pas encore connu mais le principe de précaution prédomine chez moi).
Rendez-vous compte on me promettait de la 3D via des lunettes tel le film « L’Étrange Créature du lac noir » en 1954, à ne pas confondre avec « La Créature du marais » de Wes Craven en 1982 !

Je vous entends déjà crier derrière les barricades « Mais c’est quoi ces références de vieux !?! ».
Alors de un en 1982 j’avais à peine deux ans, de deux ce que vous nommez référence de vieux je nomme cela de la culture et si vous êtes sage un jour vous en aurez aussi.
De trois je vous emmerde !

Donc, la 3D… il s’agit en réalité ici de 3D stéréoscopique et c’est clairement la petite chose commerciale pour se démarquer des autres plus qu’une véritable valeur ajoutée au jeu. Mais ne boudons pas notre plaisir, à l’époque, cela faisait son petit effet. D’autant qu’une paire de lunettes (avec un verre bleu et un autre rouge) était livrée avec le jeu.
Heureusement, ce mode était facultatif et pouvait être désactivé à tout moment. Je vous en ai mis un très court extrait dans la vidéo cette article.

Et puis ce n’est pas rien au final car ce jeu a tout de même était créé pour palier l’absence de concurrent sérieux face au Outrun de chez SEGA.

LE CONTENU

Dans RAD RACER vous aviez la possibilité de choisir votre musique qui était diffusée via l’autoradio de votre rutilante voiture. Le choix était malgré tout limité car vous pouviez soit couper la musique, soit écouter l’un des trois morceaux du jeu.

En parlant de voiture, vous aviez la possibilité de conduire (piloter?) une Ferrari 328 twin turbo rouge pétant et une Formule 1 « machine », c’est son nom dans le jeu, d’une couleur s’apparentant à un beige très claire.

Vous débutiez donc avec la dite Ferrari mais dans l’absolu, peu importe le véhicule, il n’y avait pas de différence dans la conduite ou la tenue de route de l’une ou l’autre.

Vous vous lanciez donc à l’assaut de l’asphalte, du bitume chauffé par le soleil le long d’étape segmentée en plusieurs point par des checkpoints.

Oui, nous vivions encore à l’époque magnifique des checkpoints chronométrés.

J’adorais cette époque où bien souvent les objectifs de ce genre de jeu n’étaient au final pas tant de gagner la course que d’arriver au bout de la course.
Il y avait deux écoles dans l’emploi de ces chekpoints.

finish
Et voilà ! Une bonne chose de faite ! Première course terminée. Reste à faire les autres et là, ça va être une autre histoire car la difficulté augmente.

La première, tel un VIRTUA RACING, était punitive. Tandis qu’un compteur généralement inscrit en gros, en blanc ou jaune en haut au milieu de l’écran voyait défiler les secondes, voir celui-ci tomber à zéro signifiait le game over direct sans autre forme de procédure.

Il y avait la seconde école, plus souple (ou permissive), qui lorsque vous atteigniez le zéro au chrono vous laissait dans un moment de doute, de stress, d’angoisse et finalement bien souvent de rage.
En effet votre pédale d’accélérateur devenait inopérante et votre véhicule se mettait à ralentir jusqu’à se stopper définitivement. Cela vous laissait de précieuses secondes supplémentaires pour tenter d’atteindre le prochain checkpoint ou la ligne d’arrivée.
Et combien de fois n’avons-nous pas pesté, les bras en l’air et les poings serrés voyant notre bolide s’arrêter net à deux mètres de ces fichus checkpoints… c’est le cœur en larme et les yeux émus que je me remémore encore ces moments douloureux.

Mais quelle jouissance quand nous franchissions juste à temps ces points de contrôle !
Comme une poussée d’adrénaline qui nous remotivait pour aller toujours plus loin toujours plus haut (note de moi-même : arrêtes avec tes références musicales pourries).

RAD RACER faisait donc clairement parti de cette seconde catégorie.

LES TRACÉS

Les tracés, au nombre de huit, étaient dans le plus pur classicisme de la chose. Seuls des changements de couleur du ciel venait animer votre course en simulant le cycle d’une journée passée jusqu’au levé du petit matin. Ces changements intervenaient à des endroits fixe du parcours.
D’autres courses se déroulaient par contre entièrement de nuit, la route elle-même étant plongée dans le noir et les lignes blanches, suivant le tracé, étaient en réalité orange ou verte à l’écran.

On débutait avec un écran fixe résumant le tracé de l’épreuve à venir pour enchainait directement avec celle-ci.
Les étapes se déroulaient sur des routes à trois voies dont la difficulté variait et augmentait au fur et à mesure des checkpoints et des tracés.
La circulation sur ces routes était assez abondante et allait crescendo au fur et à mesure des niveaux, mais était particulière en cela que si vous étiez en capacité de rattrapez les concurrents, l’inverse était impossible.

premier tracé
Voici la première course. La difficulté est ici relativement faible mais certaines courbes sont traitres.

LES CONCURRENTS

Les concurrents, parlons-en !
Il y avait des modèles divers et variés pour l’époque avec des véhicules ressemblant à des Lotus, des Mercedes, des coccinelles et j’en passe. Mais sur la route la différence ne venait pas du modèle mais du comportement des véhicules.
Ils se distinguaient avant tout par deux points.
1) La vitesse : ces derniers roulaient à trois ou quatre allures différentes faisant qu’on les rattrapait plus ou moins rapidement.
2) La capacité à déboiter : certains véhicules n’hésitant pas à subitement se déporter devant vous tandis que vous vous apprêtiez à les dépasser en trombes.

 

LES IMPRÉVUS

Et nous abordons là le point le plus punitif de RAD RACER : les accidents !
Deux types d’accidents possible : les collisions à cause des déboitements intempestifs de vos concurrents et les sorties de route dues à votre incompétences.
Là où cela devenait plus gênant, c’est que votre véhicule en tapant contre un autre ou contre un panneau ou lampadaire en bord de route, se retrouvait propulsé dans les airs à enchainer tonneaux et vrilles avant de s’immobiliser au sol.
Il translatait alors automatiquement pour revenir au centre de l’écran.
Vous vous en doutez, le nombre de secondes perdues pouvait être fatale pour tout joueur arrivant en limite de chrono.

LES CRÉATEURS

Derrière ce grand jeu de la NES (à l’époque de sa sortie il s’entend) se trouve en réalité rien d’autre que Square. Oui, la boite qu’on connait tous et qui a fusionné avec Enix en 2003.
Mieux encore, le concepteur même du jeu est Hironobu Sakaguchi. Si cela ne vous parle pas, sachez qu’il est LE monsieur derrière Final fantasy premier du nom et toute l’histoire qui y est associé, ainsi que Parasite Eve et nombre d’autres jeux.
Pour rappel succinct, lorsque Final Fantasy sort en cette fin d’année 1987, Square risquait la faillite, d’où le nom du jeu…

FF creators
A gauche nous retrouvons donc Pat Morita et à droite Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan.
Bref c’est comme le Porc-Salut…

Quand on sait que le gars a démarré sa vie via des études en électrotechnique qu’il a abandonné en cours d’année afin de rejoindre Square, filiale de Denyūsha Electric Company nouvellement créée en cette année 1983 et que j’ai moi-même fait des études en électrotechnique que j’ai poussé au bout, je me dis que j’ai loupé ma vie, que j’aurai dû moi aussi tout claquer et aller taper à la porte de Zboub Système (euh… pardon…d ‘Infogrames).
J’aurais alors eu la chance d’avoir pour boss Christophe Sapet (qui s’occupe depuis 2014 de la commercialisation de minibus autonome sans chauffeur -> http://navya.tech/) et Bruno Bonnell (oui…lui… il y aurait beaucoup à dire mais je préfère me taire et vous laisser chercher ces méfaits)…
Mouai…
Non en fait, j’ai bien fait de continuer, regardez ! j’écris sur GameBox ! (pour votre plus grand désespoir).
Reprenons.

Que serait un jeu si, au delà des graphismes et de l’animation, l’ambiance et son univers n’étaient instaurés, suggérés, accompagnés, par des sons et des musiques qui le rende inoubliable? Je ne dis pas que c’est le cas de RAD RACER, loin s’en faut. Mais force est de reconnaitre que nous avons droit sur ce logiciel aux compositions de Nobuo Uematsu, l’autre grand nom de la série des Final Fantasy, à qui on doit des musiques parmi les plus mémorables et cultes qui puissent exister dans le domaine vidéoludique.

LE PACKAGING

Lorsque le titre sorti en France au début de l’année 1988 cela faisait cinq mois déjà qu’il était sorti au Japon et depuis trois mois aux États-Unis.
Le titre se nommait initialement Highway Star mais fut renommé RAD RACER à cause de sa sortie US, les ricains voyant un trop grand risque d’ambiguïté avec le morceau « Highway Star » du groupe Deep Purple qui cartonnait alors (et que je vous conseille d’écouter).

Ce titre de Deep Purple à d’ailleurs été utilisé dans d’autres jeux dont Rock’n Roll Racing 1993, autre jeu de courses qui vaut le détour.
Ce qui permis de se retrouver avec une multitude de jaquette. Ce cas est loin d’être isolé et c’est encore le cas de nos jours. Les publicitaires/commerciaux essayant de proposer des jaquettes en adéquation avec les désidératas, les attentes de chaque continent, quand il ne s’agit pas de chaque pays.

jaquettes

CONCLUSION

Au final, remettre le pied à l’étrier de ce jeu n’a pas été une si mince affaire.
Je partais un petit à priori sur le fait que la nostalgie m’y faisait rejouer et que je risquais d’être déçu.

Je me suis retrouvé devant un logiciel fidèle à mes souvenirs et étrangement, je me suis pris au jeu de recommencer trois fois la première course pour la terminer et enchainer avec les courses suivantes.
Je l’avoue, je me suis arrêté à la cinquième course, faute de temps à accorder au jeu.

Mais le plaisir était là, la sensation du passé était bien présente et le tout n’a à mes yeux pas vieilli.
Bien que je n’ai pas réussi, je me suis pris à vouloir finir le jeu à nouveau.

Toute copie qu’il pourrait être d’un OUT RUN, RAD RACER n’en reste pas moins à mes yeux un excellent jeu de course propre à fédérer des soirées entre ami(e)s pour se tirer la bourre. Pas forcément au score mais plus au joueur qui sera capable d’aller le plus loin possible sans perdre, du moins, c’est mon avis.

Quant à celles et ceux qui souhaite le découvrir, je ne peux que vous encourager à y jouer, vous ferez de moi un homme heureux.

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